ÉVÈNEMENT

Les trois lauréats

Prix de l’Observatoire NIVEA / CNRS

Trois lauréats qui décryptent les enjeux du paraître dans nos sociétés

Exceptionnellement cette année, le Prix Observatoire NIVEA/CNRS a récompensé trois lauréats : Meryem Sellami, doctorante en sociologie, Manuel Guay, doctorant en histoire et Olivier Thuaudet, doctorant en archéologie. Ce prix a pour vocation de récompenser de jeunes chercheurs en Sciences Humaines et Sociales sur le thème  : « la construction du paraître dans la société ». Une dotation de 20 000€ a été remise à chacun des trois lauréats afin de les aider à poursuivre et approfondir leurs recherches.

Trois lauréats qui décryptent les enjeux du paraître dans nos sociétés

Meryem Sellami « Du paraître à l’être : Culte de la pureté et construction de soi chez les adolescentes tunisiennes »

Actuellement doctorante à l’Université de Strasbourg, Meryem Sellami s’interroge sur la moralisation du corps de la femme dans la société tunisienne aussi bien par des normes d’ordre éthique qu’esthétique. « Cette recherche autour du corps et de sa construction sociale à l’adolescence dans la société moderne s’inscrit dans une perspective socio-anthropologique. L’adolescence étant la période clé de la construction identitaire, et le corps le lieu de la présence au monde, comment les adolescentes dessinent-elles leur devenir-femme sur leur peau ? À l’adolescence, la peau, en tant qu'enveloppe psychique et charnelle (Anzieu, 1985), fait office de support à l'édifice du sentiment d’identité. Sur la peau, nous pouvons décrypter le cheminement vers une « identité virtuelle » (Goffman, 1975) faite de négociations entre les idéaux de la féminité ambiants et l'intimité de la jeune fille. Comment se construit l’identité à travers l’apparence dans une société qui cultive « la pureté » des corps des femmes ? »

Manuel Guay « Discours et représentations des affects entre les hommes et les femmes dans les cours princières en France au XVe siècle »

Actuellement doctorant à l’Université Paris IV Sorbonne, Manuel Guay étudie les représentations des relations affectives conjugales au sein des cours princières au XVe siècle. « Ces recherches sondent la construction d’un paraître affectif des couples princiers. Les textes narratifs et les documents iconographiques permettent d’analyser les éléments du costume (vêtements, bijoux), les couleurs portées ou les postures corporelles adoptées, autant de traits constitutifs du paraître princier qui reflètent les mécanismes de la symbolique médiévale. Ces sources diffusent également des codes et des modèles qui régissent la construction des apparences conjugales. L’étude des diverses stratégies mises en place par les princes pour contrôler leur image éclaire ainsi l’élaboration d’une identité affective idéale. »

Olivier Michael Thuaudet « Les accessoires métalliques du vêtement et de la parure de corps en Provence du XIe au XVIe siècle. Archéologie et économie d’une industrie méconnue.»

Actuellement doctorant à l’Université Aix-Marseille I, Olivier Thuaudet s’intéresse aux accessoires du costume comme objets de la vie quotidienne médiévale « Si l’iconographie reflète la présence de certains éléments, en premier lieu dans le costume des élites du Moyen Age tardif, le mobilier archéologique livre un échantillon infiniment plus vaste et riche, tant du point de vue des formes que celui des époques, et des groupes sociaux. En effet, de quelle façon ces objets traduisent-ils les distinctions entre les différents groupes qui composaient les sociétés médiévales ? Au-delà de cette question difficile, l’objet renseigne sur les modes de production et de diffusion, sur un artisanat et sur un commerce qui tentent de satisfaire les besoins du marché en s’adaptant aux modes, aux exigences et aux opportunités. Autant de questions qui soulignent l’éternelle actualité des thèmes du paraître de la femme et de l’homme dans la société comme dans la vie privée : du soin de l’apparence physique, du costume, des atouts et des accessoires.»

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